Yoburo

Quand le yoga pousse les portes de l’entreprise

Emmanuelle Bauquis-Chevalier pratique le yoga depuis une vingtaine d’années et enseigne cette discipline depuis maintenant cinq ans. Récemment, elle a choisi de rejoindre le rang des profs yoburo. Elle nous fait part de son ressenti sur le concept d’un moment de détente au travail.

# L’enseignement du yoga

Le yoga m’émerveille de par sa cohérence, son efficacité, sa richesse. C’est pour ces raisons que je suis tombée dans la marmite il y a si longtemps et que j’ai finalement choisi de l’enseigner.
J’ai la chance d’enseigner le yoga sous toutes ses formes, ou presque; cours classiques en salle, plus institutionnels en entreprise et même pour des associations qui veulent changer le monde !
On a tout à gagner à connaître son corps, à gérer sa respiration; nous savons qu’une personne en forme est une source de joie pour son entourage.
“Je est un autre” disait Rimbaud : prendre soin de soi, c’est également prendre soin des autres.

# Le concept yoburo
Jeanne Chemla, la wonderwoman fondatrice de yoburo, a testé mes cours… avant de fonder yoburo !

Je pense que Jeanne a tout compris : le yoga n’est pas (en tout cas pas uniquement) une espèce de gym pour ermites à moitié nus tapis dans des grottes de l’Himalaya.
C’est une pratique nettement plus globale, qui permet à chacun de prendre soin de soi en apprenant à se détendre et à se recentrer.

Etant donné le temps que beaucoup de gens passent au bureau, la quantité d’événements – plus ou moins stressants – qu’on y vit, le compte est vite fait : le monde professionnel n’a que des avantages à tirer d’une pause yoga !

# Les spécificités d’un cours au travail

Sur un lieu de travail, la pause yoga est un précieux temps de plaisir, un moment « off » arraché aux contraintes diverses : réunions, « charrettes », imprévus… Du coup, les working-yogi s’impliquent parfois encore plus qu’en salle, où les participants ont intégré le yoga à leur organisation personnelle. Ils se sont battus pour caler un horaire, décrocher un lieu – souvent  une salle de réunion dont on pousse les tables et qu’on remettra en place après de façon impeccable, pour que le yoga n’ait rien dérangé du fonctionnement professionnel. Souvent aussi, ils jouissent d’une vraie complicité préexistante, ce qui leur permet de s’encourager, et comme ils relâchent la pression ensemble, les fous rires deviennent épiques ! Un pur bonheur !
Les participants aux séances sont autant des “assidus” que des “curieux”; il y a ceux qui accrochent et qui veulent progresser et ceux qui testent les cours de yoga comme les restos de quartier. Je les comprends complètement – j’adore fréquenter les restos de quartier et les cours de mes collègues -, mais à la différence des bons petits plats, qui ne se mangent pas froids, le plaisir en yoga n’est pas au top de façon immédiate. C’est plutôt comme le vin : du premier contact au nez à la longueur en bouche, il y a un voyage…

# L’adaptation à l’environnement professionnel

Les personnes qui font du yoga sur leur pause déjeuner ne viennent surtout pas pour qu’on leur parle à nouveau de leur boulot ! Ils veulent se changer les idées. J’essaye de les faire rêver, rire, déconnecter, et descendre dans leur corps, si souvent maltraité par la réalité de leur activité : nous ne sommes pas fabriqués physiologiquement pour être des sédentaires enchaînés à un ordinateur… En revanche, j’observe les corps des participants, qui racontent bien des histoires, et je m’attache à adapter mon cours à ce que me disent ces corps. Côté stress, le yoga est par définition un anti-stress, car un corps crispé n’arrive à rien. Alors on commence par se détendre, respirer en paix, le reste vient après !

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